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Rattraper le retard

En France, un million de personnes n’a pas ou quasiment pas de logement. Ils vivent en surnombre dans des hôtels meublés, en sous-location précaire, en habitat de fortune et, pour 100 000 d’entre eux, directement dans la rue, sous les ponts, au bord du périphérique ou en camping-caravaning de misère.

Qu’en est-il chez nous ?

La Haute-Savoie est un département dynamique.

La contrepartie de ce dynamisme est que notre département attire environ 8000 nouveaux habitants par an.

Si l’on tient compte également du nombre de couples qui se séparent et qui ont donc besoin d’un second logement, l’équation devient très vite insoluble.

La loi SRU qui impose aux communes un seuil de 20 % de logements sociaux d’ici à 2020 ne s’applique qu’aux communes de plus de 3000 habitants et n’a pas produit les effets escomptés. Il faut donc durcir les sanctions pour ceux qui ne font rien et aider les communes qui mettent en place des programmes ambitieux. C’est une question de volonté politique.

Le conseil général a également un rôle important à jouer, car ses finances, tout comme celles des communes, profitent du boom de l’immobilier.

En effet, le conseil général perçoit des droits de mutation sur chaque transaction immobilière. Soit un pactole de 120 millions d’euros en 2005 pour la Haute-Savoie (en progression de 13,2%).

Cette somme représente plus de la moitié de la fiscalité directe du département de la Haute-Savoie.

La Haute-Savoie comptait 14703 demandeurs de logements sociaux en 2005.

Le département a donc mis en place une politique volontariste pour rattraper son retard.

Pour résorber la liste d’attente, il faudrait construire 1700 logements sociaux par an. Nous en sommes à 1400 pour l’année 2006 (contre 1175 en 2005). Il faut poursuivre l’effort.

Mais la construction à tout va n’est pas la seule solution.

Si les parlementaires, droite et gauche confondues, veulent sincèrement s’attaquer au problème, ils savent, tous, les mesures qu’il faudrait prendre …

Mais, lequel d’entre eux acceptera de faire campagne en revendiquant une amélioration substantielle du taux de mobilité en HLM ?

Pourtant, nombre d’occupants actuels, si tant est qu’ils aient un jour respecté les conditions financières pour relever d’une attribution, ne devraient plus occuper le logement que la collectivité a bien voulu leur prêter.

Idem, concernant l’évolution familiale. Plus d’enfants dans le foyer permet certes de revendiquer un appartement plus grand. Mais, il faut ensuite accepter de revenir vers plus petit lorsque les enfants sont partis.

Qui acceptera de faire campagne en expliquant que la priorité doit être donnée à la construction d’HLM dits « d’insertion » alors que ceux-ci représentent moins de 10 000 logements par an ?

Pourtant n’est-il pas totalement absurde d’expliquer à une famille candidate qu’elle n’obtiendra pas de logement "social" sous le prétexte que ses revenus ne sont pas suffisants ?

Qui acceptera d’abandonner la logique de la réquisition contre une incitation réelle à la location ?

Pourtant, nombre de logements sont vacants mais leurs propriétaires, ne les remettront sur le marché que lorsqu’ils seront rétablis dans leur droit de propriété par une garantie de percevoir les loyers impayés (référé loyer) et surtout de pouvoir récupérer leur bien.

Enfin, qui acceptera de donner au secteur privé la possibilité de construire avec les mêmes avantages financiers que le secteur HLM ? Pourtant, seul le secteur privé est capable de livrer à des prix acceptables les 90 000 logements supplémentaires indispensables pour surmonter la crise que nous connaissons.

Alors, plutôt que de voter dans la précipitation et sous le coup de l’émotion un droit au logement inapplicable, mieux vaudrait prendre le temps de la réflexion en laissant passer les élections.